Soins dentaires et glossodynies

Soins dentaires et glossodynies

Message par Laurent » 26 Fév 2013 19:31

Source: ASSOCIATION LANGUE de FEU

L'inflammations et/ou névralgies de la langue (glossites et/ ou glossodynies) peuvent parfois apparaître à la suite de soins dentaires.

Principaux accusés :

- les métaux en alliages utilisés pour les prothèses, responsables d'allergie mais pouvant aussi provoquer un effet de pile : picotements, brûlures, goût métallique dûs à un phénomène d'électrolyse.
- les amalgames utilisés pour l'obturation des dents et qui peuvent provoquer «aphtes, brûlures, salivation exacerbée, lésions de la muqueuse buccale et eczémas allergiques». Ils sont composés non de plomb, mais d'argent, étain, cuivre, zinc et mercure.

Protheses:

Les métaux précieux: (or, platine, palladium) utilisés pour les prothèses fixes, ainsi que le titane utilisé pour les implants, ne semblent pas poser de problèmes. Il en va différemment des métaux non précieux (nickel, chrome, cobalt, molybdène, béryllium) employés pour les prothèses amovibles et sur lesquels sont montées les fausses dents.

Le béryllium, outre sa toxicité, peut ainsi provoquer de fortes réactions allergiques. Mais le médecin lui-même n'est pas toujours informé de sa présence dans un alliage.

Le nickel est également considéré comme l'un des dix allergènes les plus redoutables, avec le chrome et le cobalt auquel il est fréquemment associé. 10 à 12 pour cent des femmes y seraient sensibles. Or, on estime qu'un Français sur deux a du nickel en bouche. Bien qu'il soit censé demeurer captif, on constate en réalité que des fuites importantes se produisent au contact de la salive, avec les effets cités plus haut. Dissolution aggravée quand il y a aussi présence de béryllium.

Également incriminé, le colorant de la résine rose des dentiers. Selon un dentiste cité par l'un de nos correspondants « la Faculté dentaire de Paris aurait précisé la marche à suivre en pareil cas :

- s'assurer que c'est bien la résine qui est en cause, et pour cela, quitter le dentier pendant une semaine et même plus. Si les douleurs cessent, c'est bien la résine qu'il faut traiter et pour cela dans un labo, la faire recuire à allure modérée pendant une semaine au moins, car les prothésistes se contentent parfois de 24 à 48 h, ce qui est trop court pour la polymérisation et l'évaporation du monomère... Sur 5O cas il y a eu 33 guérisons définitives, mais pas immédiates, par abandon du dentier ou son remplacement par une prothèse incolore (surtout) ou métallique. »

Amalgames:

Le même problème de fuite se retrouve avec les amalgames contenant du mercure. Sous l'effet de la mastication (repas) et de la corrosion (brossage des dents, fraisage), les amalgames libèrent des particules métalliques passant dans l'organisme. Cette corrosion est par ailleurs accrue au contact de l'or et d'autres métaux, parfois non apparents car placés sous des couronnes. Or, outre sa toxicité, le mercure peut être responsable de manifestations allergiques au niveau de la bouche, ainsi que de malaises. 11 pour cent de réactions allergiques lui sont attribuées, ce qui a conduit, au Japon, à en interdire l'emploi. De plus peut aussi se produire un effet de pile. La combinaison la plus nocive étant couronne en or + amalgame. Il existe une alternative à l'amalgame (incrustations), hélas extrêmement coûteuse. Les composites quant à eux sont une solution au polymétallisme, mais peuvent être responsables d'allergie. Pour éviter aussi bien les allergies que les courants galvaniques provoqués par le polymétallisme, il faudrait donc:

- effectuer un test d'allergie avant toute pose de prothèse (cependant, les tests d'allergie au béryllium, présentant des risques, sont interdits)
- savoir que la porcelaine, hélas fragile, est très bien tolérée
- savoir que les dermatoses sont plus souvent dues aux prothèses qu'aux amalgames.
- veiller à ne pas poser côte à côte des alliages différents.

Un système de carte renseignant sur les métaux employés pour la confection des appareils dentaires devrait prochainement être fournie par les prothésistes (Eurocard).

A propos des tests allergologiques, (exclusivement chez un allergologue), on observe qu’il est cependant rare qu'il existe un électro-galvanisme. Il est impossible d'être allergique à "certains vieux plombages".
Soit on présente une allergie et cela se manifeste depuis le début, soit on ne présente pas d'allergie. En tout état de cause, une allergie se voit sur la muqueuse. On peut faire un test simple en suspendant le port de ses prothèses pendant 15 jours afin de confirmer l'existence d'un problème en rapport avec la prothèse. La plupart du temps il s'agit plus d'une intolérance liée à la résine non totalement polymérisée qu'une allergie vraie.
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Re: Soins dentaires et glossodynies

Message par Laurent45160 » 03 Juin 2016 15:57

Stomatodynie et tests épicutanés
D. Waroquier1
, L. Evrard2
, M. Flamme1
, M. Nelis3
, D. Parent1
1.Clinique de Pathologie des muqueuses 2.Service de Stomatologie 3.Service de Dermatologie. Hôpital Erasme, ULB, Bruxelles, Belgique
Introduction Les stomatodynies sont des sensations douloureuses de la
muqueuse buccale en l’absence de lésion clinique (1). La mise au point doit exclure
les causes infectieuses, carentielles et auto-immunes.
Patients et Méthodes Vingt-six patients souffrant de stomatodynie ont
été testés avec une batterie standard européenne, une batterie cosmétiques et
médicaments, une batterie dentisterie (résine et métaux) ainsi qu’une batterie
épices. Vingt portaient une prothèse composée de métaux et/ou de résine,
1 portait un appareil orthodontique métallique et 4 présentaient des amalgames
dentaires.
Résultats Le principal allergène dépisté est le nickel sulfate (9 patients, 34,6 %),
suivi du chrome (5 patients, 19 %), de l’or (3 patients, 11,5 %) et du cobalt
(3 patients, 11,5 %). Deux patients (7,7 %) ont présenté une réaction au mercure, 2 (7,7 %)
au baume du Pérou, 2 (7,7 %) au colophane et 2 (7,7 %) à l’acide benzoïque.
Les 7 allergènes suivants étaient positifs 1 seule fois (4 %) : zinc, chloroacétamide,
méthylmétacrylate, dimétacrylate de glycol, formaldéhyde, éthylène diamine.
Trois patients (11,5 %) avaient des tests entièrement négatifs. Chez 16 patients,
le ou les allergènes dépistés étaient présents dans la bouche. À ce jour, 4 patients
ont pu réaliser une éviction stricte et présentent une amélioration significative de
leurs symptômes.
Discussion L’allergie aux métaux est la plus fréquente. Viennent ensuite
3 allergènes présents dans des produits cosmétiques bucco-dentaires et dans les
matériaux de soins dentaires. Deux patients sont positifs pour une résine, 1 seul a
une prothèse en contenant. La difficulté réside dans la confirmation de la pertinence
des tests, puisqu’il semble que la tolérance d’un patient sensibilisé à un allergène
est supérieure au niveau de la muqueuse buccale par rapport à la peau (2).
Conclusion Les résultats de notre étude montrent l’intérêt des tests
épicutanés dans la mise au point de la stomatodynie.
Les dermatoses professionnelles de contact à la
clinique dentaire de Monastir (Tunisie)
M.A. Henchi1
, H. Belhadjali2
, L. Bouzgarou1
, B. Abdallah1
, C. Amri1
,
N. Chaari1
, M. Akrout1
, J. Zili2
1
Service de Médecine du Travail et de Pathologie Professionnelle 2
Service de Dermatologie, CHU de Monastir, Tunisie
Introduction Les dermatoses de contact figurent parmi les maladies
professionnelles les plus fréquemment observées en milieu hospitalier et surtout
en dentisterie. En milieu dentaire, nombreux sont les produits incriminés : résines,
métaux, huiles essentielles, gants, désinfectants…
Objectif Évaluer la prévalence des dermatoses de contact en milieu dentaire,
identifier les facteurs de risque professionnels et extra-professionnels et relever
les principales étiologies.
Patients et Méthodes Il s’agit d’une enquête transversale descriptive,
exhaustive auprès de 97 agents médicaux et paramédicaux travaillant à la
Clinique Dentaire de Monastir. Elle comporte un questionnaire à la recherche du
risque dermatologique et des facteurs étiologiques, un examen dermatologique
par un dermatologue pour une orientation diagnostique et des tests épicutanés
par la batterie standard européenne et des batteries spécifiques pour les sujets
symptomatiques, à la recherche de l’allergène en cause.
Résultats La prévalence des dermatoses de contact était de 26,8 % (26 cas/97).
Les principaux produits incriminés étaient les gants (12 cas), les résines (10 cas) et
les détergents (6 cas). Le profil du personnel à risque était celui d’une femme âgée
de 36 ans, médecin dentiste exerçant au Service de Médecine et Chirurgie Buccale.
La prévalence de l’eczéma de contact était de 5,2 % (5 cas/97) : un eczéma au
nickel chez une prothésiste, au cobalt chez une autre, au glutaraldéhyde chez
une infirmière, au 1,3- diphénylguanidine chez une chirurgienne dentiste et à
une résine chez une prothésiste. La prévalence des dermatites irritatives était de
21,6 % (21 cas/97). Aucun cas d’urticaire de contact n’était diagnostiqué.
Conclusion Dans notre série, les dermatites d’irritation étaient plus
fréquentes que les eczémas de contact professionnels conformément
aux données de la littérature.
CO C
Laurent45160
 
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Re: Soins dentaires et glossodynies

Message par Laurent45160 » 04 Juin 2016 14:05

Vu sur internet

Il est à noter que plusieurs agents peuvent causer une sensibilité de contact
parfois diagnostiquée à tort comme un syndrome de la bouche qui
brûle. Il s’agit entre autres du sulfate sodique de lauryle, un surfactant utilisé
dans les produits d’entretien ménager, de l’aldéhyde de cannelle (cinnamique),
des dentifrices et d’autres produits d’hygiène dentaire.
Laurent45160
 
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